Je ne suis plus indispensable et j’en suis fier!

Cette semaine, j’ai réalisé quelque chose de fort important : si je mourais aujourd’hui, mon entreprise, INBOX, aurait toutes les chances de me survivre et de réussir sans moi. J’en suis resté estomaqué quand j’ai pensé à ça. Ça m’a frappé en plein milieu d’un lunch avec mon ami et planificateur financier Philippe Ventura de chez Chevalier Meunier. Je lui expliquais les progrès que nous avions faits dans la dernière année, comment nous avions commencé à focuser uniquement sur ce que nous faisions de mieux, sur ce qui nous passionnait. Et comment cela a été un « game changer » pour nous.

Il faut se rappeler qu’il y a à peine 1 an, j’étais énormément impliqué dans la production. Tout passait par moi. Dès que quelqu’un dans l’entreprise avait une question, c’est à moi qu’il la posait. Je dirigeais 80 % des projets, je m’occupais des devis, de la facturation, je faisais de la programmation, du contrôle qualité, du beta testing, la formation des employés, l’embauche, les finances, le marketing, les nouveaux contrats, la vaisselle, le ménage et 12 millions d’autres choses. J’étais impliqué dans tout, tout le temps, tous les jours.

Vous n’êtes pas « scalable »

Amis entrepreneurs, vous me comprenez, j’en suis sur ;). Être impliqué dans tout, c’est correct au début. C’est normal. Et c’est même correct tout le temps, si c’est le genre de vie et d’entreprise que vous voulez. Mais ce n’est pas ce que je voulais. Parce que ce n’est pas évolutif. On ne peut pas faire grandir une entreprise de cette façon. Si vous êtes impliqué dans la production et que tout le monde vient vous voir pour tout, vous n’êtes pas « scalable ». Et vous ne grandirez jamais.

Oh, vous allez courir tout le temps, ça, c’est sur. Vous aurez l’impression d’en faire beaucoup, de tout faire en fait. Vous aurez l’impression de vous battre tous les jours. Vous aurez probablement l’impression que c’est difficile. Et que vous ne vous rémunérez sûrement pas suffisamment pour tout ce que vous faites. Vous vous direz que vous pourriez faire beaucoup plus d’argent en travaillant pour quelqu’un d’autre.

Si ce discours vous semble familier, laissez-moi vous jaser de ce que j’ai appris. Le problème n’est pas que vous ne travaillez pas assez. Le problème est que vous travaillez trop, et que vous travaillez mal. Vous êtes en plein milieu de la forêt, à courir après votre queue, ou après un nouveau client, ou après un employé, ou après un fournisseur, ou après une alouette… Vous perdez de vue la forêt, et de par le fait même, la destination finale, là où vous allez. Et comment pouvez-vous, tous les jours, prendre des décisions qui vous rapprochent de votre but si vous l’avez justement perdu de vue!

Déléguer, déléguer, déléguer

Je sais, je suis fatigant avec ça, mais la première étape, c’est de trouver son focus. Mais une fois que c’est fait, il faut commencer à déléguer. TOUT! Aux bonnes personnes, évidemment!

Les clients

J’ai commencé par la gestion des clients. Je l’ai remise à Jonathan, aujourd’hui notre VP Client Care. Tout doucement, je l’ai impliqué dans tous les projets et il est devenu le point de contact de tous nos clients. Quand ces derniers ont une question, c’est Jonathan qu’ils contactent, pas moi.

La production

OK, mais les membres de notre équipe venaient quand même me voir pour tout le reste. C’était la deuxième étape : la gestion de la production. Je l’ai confiée à Pierre, maintenant notre VP Production. Petit à petit, je l’ai impliqué dans tous les projets. Puis je l’ai poussé dans l’arène, même s’il disait qu’il n’était pas tout à fait prêt. Je l’ai poussé en dehors de sa zone de confort, et aujourd’hui, il assume pleinement son rôle, est super heureux et fait boulot du tonnerre! Les membres de l’équipe ne viennent maintenant plus me voir, ils vont voir Pierre :).

Les finances

Restait maintenant le 3e élément hyperimportant : les finances. J’ai confié ce mandat à Isabel, aujourd’hui notre Chief Strategy Officer. J’avais besoin de quelqu’un de cartésien comme Isabel, avec une vision axée vers le futur, et une facilité à regardé les « hard cold facts ».

Les Jedi

J’ai donc mon dream team, que nous avons d’ailleurs baptisé le « Conseil des Jedi ». Oui, je sais, ça trahit notre âge et nos origines geeks. Mais revenons au point principal : j’ai eu la chance de trouver des gens ultras compétents pour prendre en charge les éléments les plus importants de la compagnie.

Mais rassurez-vous : il reste encore énormément de travail! Et je ne suis pas prêt à quitter demain matin. J’ai encore beaucoup de choses à réaliser dans mon plan personnel, celui de ma famille et celui d’INBOX.

Mais si je n’étais plus là demain matin, INBOX pourrait continuer, et avoir énormément de succès.

Et c’est un de mes accomplissements dont je suis le plus fier :).

Commentaires

  1. Je suis encore dans ton « avant ». J’ai de la misère à me sortir la tête de l’eau. J’ai hâte d’avoir cette équipe de direction, mais je n’ai pas la taille ni les moyens encore de me l’offrir.

  2. Et je te comprend! Ça m’a pris énormément de temps avant d’y arriver. Si la vision est claire, et que la passion t’habite (et ça, qui en douterait ;)), ce n’est qu’une question de temps et d’espace. En passant, on est dû pour aller luncher :). Prends soin de toi Nicolas!

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